Stress vie ou survie

Quand le stress devient une manière de vivre : comprendre la suradaptation

 

“Au début, je pensais que je traversais simplement une période difficile. Puis j’ai réalisé que je ne vivais plus… je survivais.”

 

Vivre… ou survivre ?

 

Le stress fait partie de la vie. Il existera toujours des stresseurs : un changement, une difficulté professionnelle, une maladie, un conflit, une décision à prendre… Même sur une île déserte, notre cerveau trouverait de quoi s’inquiéter.

 

La véritable question n’est donc pas :

 

« Comment supprimer le stress ? »

 

Mais plutôt :

 

« Quelle est ma manière d’être avec le stress ? »

 

En Gestalt, nous observons toujours la rencontre entre l’organisme et son environnement.

 

Le stress n’est pas uniquement ce qui nous arrive. Il est aussi la manière dont notre organisme réagit à ce qui lui arrive.

 

Deux personnes confrontées à une même situation ne vivront donc pas la même expérience.

 

Ce qui mérite d’être exploré est souvent cette question :

 

Qu’est-ce qui, à l’intérieur de moi, me met en réaction ?

 

Quand l’adaptation devient une suradaptation

 

Une personne raconte son parcours.

 

Pendant près de quinze ans en Irlande puis deux années en Espagne, elle se sent épanouie. Son travail est en accord avec ses compétences et ses valeurs. Elle pratique le yoga, marche régulièrement, entretient une vie sociale riche et prend soin d’elle.

 

Puis vient l’envie de rentrer en France pour retrouver sa famille.

 

Elle accepte un poste qui semble être un excellent tremplin.

 

Les premiers mois paraissent prometteurs.

 

Puis, progressivement, quelque chose change.

 

Le produit ne lui correspond pas.

 

Les valeurs de l’entreprise ne sont plus les siennes.

 

Le management devient source d’insécurité.

 

Son responsable souligne essentiellement les erreurs, rarement les réussites.

 

Les remarques sont fréquentes, descendantes, parfois humiliantes.

 

Chaque vendredi, les réunions deviennent une source d’angoisse qui envahit même le week-end.

 

Le sommeil se dégrade.

 

Les loisirs disparaissent.

 

La vie sociale s’efface.

 

Le travail prend toute la place.

 

Sans réellement s’en rendre compte, cette personne ne s’adapte plus…

 

Elle se suradapte.

 

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La suradaptation : un piège silencieux

 

Au départ, la suradaptation paraît être une qualité.

 

On fait des efforts.

 

On travaille davantage.

 

On veut bien faire.

 

On cherche à répondre aux attentes.

 

On repousse ses limites.

 

On se persuade que cela va passer.

 

Puis, petit à petit, le corps commence à envoyer des signaux :

 

  • fatigue persistante ;
  • irritabilité ;
  • troubles du sommeil ;
  • perte d’envie ;
  • isolement ;
  • tensions physiques ;
  • diminution de l’estime de soi.

 

L’énergie n’est plus utilisée pour vivre.

 

Elle est entièrement mobilisée pour tenir.

 

On ne choisit plus.

 

On subit.

 

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Le stress chronique épuise l’organisme

 

Lorsqu’un stress dure plusieurs semaines ou plusieurs mois, notre système nerveux reste en état d’alerte permanent.

 

Le corps continue à produire les hormones du stress.

 

Il ne récupère plus réellement.

 

Cette hypervigilance permanente finit par devenir notre nouvelle normalité.

 

On oublie ce que signifie être détendu.

 

On ne vit plus.

 

On survit.

 

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Le jour où le corps dit stop

 

Après plusieurs années dans cette situation, cette personne revient de congés.

 

Dès les premiers jours, tout déborde.

 

Elle exprime enfin ce qu’elle retient depuis longtemps :

 

la critique permanente,

 

l’absence de reconnaissance,

 

le sentiment d’être constamment jugée.

 

Les émotions longtemps contenues surgissent.

 

Les larmes arrivent.

 

Le lendemain, incapable de continuer, elle consulte son médecin et est arrêtée.

 

Ce que beaucoup appellent un “craquage” est souvent le moment où le corps cesse simplement de compenser.

 

Il protège ce que l’esprit essayait encore de maintenir.

 

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Le baromètre du stress

 

Nous pouvons imaginer notre état intérieur comme un feu tricolore.

 

 Zone verte : l’équilibre

 

Vous disposez de ressources.

 

Vous récupérez facilement.

 

Vous prenez soin de vous.

 

Vous avez de l’énergie pour travailler, aimer, créer et profiter de la vie.

 

Le stress existe mais il reste ponctuel.

 

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 Zone bleue : l’adaptation

 

Le stress augmente.

 

Vous commencez à faire davantage d’efforts.

 

Vous dormez un peu moins.

 

Vous reportez vos loisirs.

 

Vous pensez souvent :

 

“Quand cette période sera passée, ça ira mieux.”

 

C’est une zone d’alerte.

 

Il est encore temps d’ajuster.

 

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 Zone rouge : la suradaptation

 

Vous tenez.

 

Mais au prix de vous-même.

 

Le travail, les obligations ou les responsabilités prennent toute la place.

 

Le corps s’épuise.

 

Les émotions débordent.

 

L’enthousiasme disparaît.

 

Le risque de burn-out, d’arrêt maladie ou d’effondrement augmente fortement.

 

Le corps finit par imposer l’arrêt que nous nous refusons.

 

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Revenir à la vie

 

En Gestalt, il ne s’agit pas seulement de diminuer le stress.

 

Il s’agit de retrouver sa capacité à être en contact avec soi-même.

 

Retrouver ses besoins.

 

Ses limites.

 

Ses émotions.

 

Ses valeurs.

 

Et retrouver la liberté de choisir, plutôt que de subir.

 

Le véritable changement commence souvent par cette simple question :

 

Suis-je en train de vivre… ou simplement de survivre ?

 

 

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